Avec l’intelligence artificielle, vers une automatisation du pilotage ?

Le Figaro du 23 octobre
Airbus et Boeing travaillent sur l'automatisation avancée des avions : des logiciels sont déjà capables de gérer les opérations au sol et en vol. En janvier 2020, Airbus est parvenu à faire décoller et atterrir un A350 automatiquement. En janvier 2023, l’avionneur a dévoilé le démonstrateur DragonFly, intégré dans le cockpit et développé par sa filiale Airbus UpNext. « Avec DragonFly, il s'agissait d'étudier comment de nouveaux systèmes automatiques, destinés à prendre le relais en cas d'incapacité de l'équipage, peuvent apporter une sécurité supérieure à celle qui existe déjà. Et d'identifier l'impact réglementaire », explique Matthieu Gallas, responsable des recherches sur l'automatisation chez Airbus. Thales a développé le Système de gestion de vol (FMS) de nouvelle génération PureFlyt. Associé à des « assistants intelligents » à base d'IA, il est notamment capable de détecter des pannes et de proposer au pilote une procédure d'urgence, intégrant par exemple un déroutement, et d'avertir le contrôle aérien. « Ces assistants intelligents allègent la charge de travail du pilote qui, dans tous les cas, valide chaque procédure proposée et expliquée par l'algorithme. L'IA pourrait permettre à ces assistants de prendre certaines décisions seuls mais la réglementation actuelle ne l'autorise pas », explique Yannick Assouad, directrice générale adjointe Avionique chez Thales. Les passagers restent réticents face à l’automatisation : selon un sondage réalisé par le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) avec Odoxa en juin dernier, 82 % des Français considèrent que l’IA ne doit pas supplanter l'homme dans les avions.