L’Allemagne retient IBM pour l’intelligence artificielle du SCAF

Meta-Defense du 6 septembre
Le bureau fédéral en charge du support de la Bundeswehr pour l’équipement, les technologies de l’information et les services, le BAAINBw, a présenté le 30 août dernier le consortium retenu pour développer les infrastructures d’intelligence artificielle du programme SCAF. Ce consortium, baptisé HIS, rassemble Helsing and Schönhofer Sales and Engineering GmbH (SSE) appartenant au groupe Rohde & Schwarz, ainsi qu’IBM Deutschland GmbH, filiale allemande du géant américain de l’informatique, basée à Fribourg. Selon le communiqué de presse, le contrat portant sur la livraison de l’infrastructure d’IA par le consortium, a été signé le 7 août. Celui-ci dépend du pilier Next Generation Weapon System (NGWS) du programme SCAF, piloté par l’Allemagne. L’architecture (backbone) produite dans le cadre de ce contrat, s’appuiera sur le Cloud sécurisé « VS-Cloud » américain, ainsi que sur les solutions produites par RedHat, filiale de l’entreprise américaine, et Secunet Security Networks AG, une entreprise de sécurité numérique basée à Essen. L’IA jouera un rôle central au sein du système de systèmes du programme SCAF, tant pour traiter les volumineuses informations produites par les senseurs du système, mais également pour permettre à l’équipage d’appréhender correctement son environnement, et diriger les systèmes déportés. Le choix de l’entreprise américaine par le BAAINBw comme architecte principal de la solution IA du SCAF, n’est pas sans conséquence. Depuis le Cloud Act de 2018, les autorités fédérales américaines disposent de certaines prérogatives extraterritoriales sur l’ensemble des systèmes numériques conçus par des entreprises américaines, ou en exploitant les technologies. Il existe par ailleurs d’autres industriels européens, y compris au sein du périmètre du programme européen, qui développent des solutions comparables. C’est notamment le cas de Thales qui multiplie les investissements tant dans le domaine de l’intelligence artificielle que du cloud souverain.