La rentabilité des constellations de satellites en orbite basse en question

Les Echos du 9 décembre
En 2027, 4 constellations en orbite basse offriront au minimum leurs services : Starlink, OneWeb, Kuiper et 03b mPower. Les doutes ne portent plus sur la faisabilité technologique des projets mais sur leur rentabilité à terme. Dans une étude approfondie intitulée « La guerre des satellites : un nouveau chapitre », la banque Bryan, Garnier & Co estime que rien n'est encore gagné pour ces méga-constellations. Amazon met 10 Md$ pour délivrer ses premiers services, Eutelsat rachète OneWeb pour 3,6 Md€, et devra investir autant pour développer une nouvelle génération de satellites plus performants, la Commission européenne évoque un investissement de 6 Md€, et SpaceX dit désormais vouloir investir entre 20 et 30 Md$ dans Starlink contre 10 Md$ précédemment. La concurrence entre opérateurs sera rude et pourrait peser sur leur capacité à rentabiliser leurs lourds investissements, d’autant plus que ces nouveaux opérateurs luttent déjà pour décrocher les mêmes marchés solvables : communications militaires, apport d'Internet pour la croisière ou les lignes aériennes. Tout devrait dépendre du prix par gigabit qui, selon l'étude de Bryan, Garnier & Co, s'élèverait à plus de 8 $ par mois pour Starlink, 12,9 $ pour mPower, 33,5 $ pour la 1ère génération de OneWeb, mais seulement 6,1 $ pour le gros satellite Konnect VHTS en orbite géostationnaire. Si chaque génération de satellites permet des gains, la vraie rupture viendra d' un lanceur géant comme Starship, qui permettra de diviser par 10 le prix du kilo lancé dans l'espace, conclut l'étude.