Productivité : la filière aéronautique mise sur l’automatisation

La Tribune du 27 juin
La Tribune consacre une enquête à la modernisation et à l’automatisation de la filière aéronautique, qui a massivement investi pour maintenir la compétitivité des usines en France. A Toulouse, Airbus teste pour la première fois sur une FAL un système de logistique automatisée : l'usine Lagardère, bâtie dans les années 2000 pour l'A380, a été transformée et modernisée pour accueillir la nouvelle ligne d'assemblage de la famille A320neo. Toutes les pièces et les équipements sont livrés par des robots au poste de travail des opérateurs. Le site va accompagner la montée en cadence attendue, en particulier, pour l'A321neo, nouveau best-seller de l'avionneur. Pour sa part, Mecachrome mise sur le concept de focus factories, des usines hyper spécialisées et très automatisées. « Sur les aubes de turbine, nous atteignons une livraison à l'heure (OTD) de 100% et quasiment zéro pièce au rebut. Nous produisons chaque semaine une centaine d'éléments, ce qui est beaucoup pour l'aéronautique, mais peu si l'on regarde le rythme de production dans l'automobile. La focus factory permet de ne pas faire voyager les pièces entre plusieurs sites en optimisant notre empreinte carbone et nos flux de production », explique Christian Cornille, président de Mecachrome. Même stratégie chez Figeac Aero : le sous-traitant aéronautique lotois a annoncé fin mai un contrat de 140 M€ sur 10 ans avec Safran. L’objectif est de produire des milliers de pièces métalliques à forte valeur ajoutée pour les nacelles des A320neo, équipés de moteurs LEAP-1A. « Des usines plus automatisées permettent de produire avec moins de personnel, mais aussi d'améliorer la qualité produite. Quand on a moins d'interventions humaines, on prend moins de risques de non-qualité. Enfin, l'automatisation nous a permis de réduire les prix de revient, et donc de maintenir un niveau de marge convenable », indique Jean-Claude Maillard, PDG de Figeac Aero, qui emploie 3 000 salariés dans le monde, dont la moitié en France.