Agir face à la prolifération des débris spatiaux

La Tribune du 31 mai
36 000 débris de plus de 10 cm encombrent actuellement l'espace, d'après l’ESA, une prolifération qui représente un risque majeur, alors que le nombre de satellites actifs en orbite basse devrait atteindre 40 000 en 2030 (contre près de 9 000 aujourd'hui). « Sur certaines orbites basses, à 800 km au-dessus de la Terre, on commence déjà à observer que le rythme de création de débris est plus rapide que le rythme naturel d'attrition », relève Matthieu Derrey, responsable de la durabilité des activités des systèmes spatiaux au sein d'Airbus. Par ailleurs, 150 millions de débris de plus d’1 mm sont en orbite. Airbus Defence and Space travaille sur des technologies pour capturer les déchets dans l'espace. Dès 2018, le groupe a testé, en partenariat avec des chercheurs britanniques, un filet déployé depuis un satellite. Thales Alenia Space mène quant à lui des travaux de recherche pour renforcer la résilience des satellites face aux impacts. « Nous [explorons] des matériaux plus résistants, plus absorbants, pour que les débris ne créent pas d'autres débris », indique Erwan Le Ho, responsable de la transformation de la durabilité au sein de Thales Alenia Space. La gestion de la fin de vie des satellites représente aussi un axe de travail : le satellite franco-américain SWOT, dont Thales Alenia Space était le principal partenaire industriel, est ainsi conçu pour effectuer une rentrée contrôlée dans l'atmosphère à la fin de sa mission. Les industriels et le CNES apportent également leur expertise, notamment auprès d’acteurs tels que les startups. Un consensus mondial sera toutefois nécessaire pour avoir un véritable impact sur la génération de débris. L’ESA, Airbus Defence and Space, OHB SE et Thales Alenia Space ont signé une charte zéro débris lors du dernier Salon du Bourget.