Airbus à la recherche de composites performants pour l’avion à hydrogène

Air & Cosmos du 2 mai
Pour la mobilité des futurs avions à hydrogène, des composites à haute performance deviendront indispensables notamment pour contenir et canaliser l’hydrogène liquide à très basse température. De nombreux constructeurs envisagent des moteurs pour l’aviation commerciale alimentés avec ce futur carburant. L’ancien directeur des lanceurs du CNES, Eric Dautriat, explique que « seulement neuf tonnes d’hydrogène liquéfié à -253°C seraient nécessaires pour obtenir la même énergie que 23 tonnes de kérosène à bord d’un A320. Le problème, c’est que l’hydrogène liquide occupe un volume quatre fois plus important que le kérosène. Autrement dit, quatre litres d'hydrogène liquide équivalent à un litre de kérosène standard ». Par ailleurs, manipuler l’hydrogène liquide n’est pas simple. Au sol, il faut le réceptionner, le stocker et le gérer en quantité puis définir un réseau spécifique de distribution et d’alimentation des avions. En étroite collaboration avec Airbus, le CETIM (Centre Technique des Industries Mécaniques) est en première ligne pour relever ce défi majeur. Lancé en octobre 2021, le centre d’ingénierie et d’essais sur les matériaux liés à l’hydrogène Hymeet (Hydrogen Material and Equipement Engineering and Testing Center) a été installé dans les Pays de la Loire. Le nouveau centre d’ingénierie, représentant un investissement de 11 M€ cette année, porté à 25 M€ sur quatre ans, cherche à dimensionner et à optimiser l’architecture des futurs réservoirs embarqués et des systèmes de distribution au sol et en vol. Pour atteindre cet objectif, Airbus a créé trois centres ZEDC (Zero Emission Development Center) à Nantes, à Brême (Allemagne) et en Espagne. Le but commun sera de développer les technologies de stockage et de distribution de l’hydrogène liquide. En plus des nombreuses exigences techniques, le défi est double pour Airbus : « Nous devrons proposer aux compagnies aériennes un avion et son environnement qui soit économiquement compétitif avec ces nouvelles technologies qui devront se montrer sûres et fiables à l’horizon 2035 », précise Loïc Buffet, Ingénieur chef de projet ZEDC Groupe Airbus.