La Russie place un satellite espion sur la trajectoire d’un satellite de l’armée américaine

Le Figaro du 5 septembre
La Russie s’est livrée à une démonstration de force dans l’Espace, à destination de ses adversaires occidentaux. Le 1er août, Moscou a ainsi placé à 450 km d’altitude un nouveau satellite espion, lancé en février 2022, Kosmos-2558, sur l’orbite exacte d’un satellite de l’armée américaine, USA-326. Être capable de placer un satellite directement sur la trajectoire d’un autre objet au moment où celui-ci passe dans le ciel constitue un défi technologique au potentiel militaire significatif. La France ne dispose actuellement pas de ces compétences, et les Etats-Unis poursuivaient l’année dernière des tests de lancements tactiques réactifs réussis, dont l’injection directe est un préalable. Kosmos-2558 est un satellite « inspecteur », qui observe son environnement. Il peut gêner sa cible, perturber sa mission ou encore l’espionner. Alors que la mission de USA-326 n’est pas connue, la question est désormais de savoir si le satellite russe va libérer un deuxième objet spatial (une arme potentielle ou un autre satellite patrouilleur). La guerre en Ukraine se mène maintenant aussi depuis l’Espace, où sont concentrés désormais une large partie des moyens de renseignement, essentiels pour suivre les évolutions de terrain ou localiser des cibles. La France « teste » par exemple son dernier satellite de renseignement électromagnétique CERES sur le territoire ukrainien. La Russie, qui a créé un commandement de l’Espace en 2015, ne dispose pas d’autant de capacités que les États-Unis avec 11 satellites ISR (de reconnaissance et de surveillance), contre 18 pour l’armée américaine, et 5 de renseignement électronique, contre 27 pour les Etats-Unis.