Synthèse de presse

Espace
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    L’Europe spatiale accélère la cadence pour rattraper SpaceX
    Organisée à Paris du 13 au 16 décembre, la conférence spatiale internationale sera l’occasion pour les Européens de faire le point sur leur industrie, à la veille d’une année 2022 cruciale. « Les retards de l’Europe dans le réutilisable, les constellations et les vols habités n’ont pas de causes technologiques mais plutôt une insuffisante volonté politique et donc de possibilités de financement des acteurs », analyse Rachel Villain, conseillère au cabinet Euroconsult. Alors que les industriels américains et chinois disposent d’énormes budgets et d’un soutien public sans faille, la situation n’est pas aussi simple en Europe, marché ouvert et concurrentiel. « Cet été, l’ESA a réaffirmé la préférence européenne en matière de lancements institutionnels et a fait le choix stratégique d’organiser le succès d’Ariane 6 (…) C’est une première en Europe », explique Stéphane Israël, président d’Arianespace qui commercialise les fusées européennes. L’Union européenne se remobilise également dans le secteur du réutilisable, des microlanceurs et des mini et micro-fusées. « ArianeGroup accélère sa feuille de route vers une famille de lanceurs européens réutilisables, dont Maia sera le premier membre», explique André-Hubert Roussel, PDG d’ArianeGroup. Enfin, en matière de constellation souveraine à base de technologie quantique, un programme pourrait être lancé fin 2022, en vue d’une mise en service avant la fin de cette décennie. En revanche, la position de l’Europe n’est pas encore clarifiée sur les vols habités.

    Le Figaro du 12 décembre
  • Espace
    L’Europe maintient son avance dans le domaine des satellites
    Sur le marché des satellites de télécoms géostationnaires, l’Europe est toujours leader mondial. 2020 et 2021 ont été des années fastes pour Airbus et Thales Alenia Space (TAS), qui ont remporté la majorité des compétitions internationales : « Le succès de SpaceX dans les lanceurs a éclipsé l’Europe et la France qui gagnent, avec des industriels et des équipementiers au meilleur niveau mondial dans les systèmes satellitaires, que ce soit dans les télécoms, l’observation de la Terre ou encore les systèmes d’écoute électronique », insiste Jean-Marc Nasr, directeur de la branche spatiale d’Airbus. « Grâce à la digitalisation de nos moyens de conception et de production, nous avons réduit les coûts de 30% et les cycles de développement de plus de 50% », résume le dirigeant. TAS, avec ses Space Inspire, et Airbus avec ses Neosat, ont récemment commercialisé des satellites de nouvelle génération, embarquant les dernières technologies numériques. 17 000 satellites seront lancés entre 2021 et 2030, soit quatre fois plus que lors de la décennie précédente. Parallèlement, les nations spatiales historiques investissent dans de nouvelles applications satellitaires, dédiées notamment à la protection de leurs actifs en orbite, à la surveillance et au renseignement. Airbus et TAS abordent cette nouvelle étape en confiance pour prendre leur part dans le projet de future constellation souveraine européenne.

    Le Figaro du 12 décembre
  • Espace
    Blue Origin réalise avec succès un troisième vol habité dans l'espace
    Six nouveaux touristes de l'espace ont eu le privilège d’effectuer un voyage spatial. L'entreprise Blue Origin du milliardaire américain Jeff Bezos a mené à bien, samedi 11 décembre, sa troisième mission habitée, emportant dans l'espace six personnes pendant une dizaine de minutes. C'est la première fois que la capsule de la fusée New Shepard opérait à pleine capacité. Les précédents vols n'avaient jusqu'ici compté que quatre passagers. La fusée a décollé à la verticale et à environ 75 km d'altitude, la capsule s’est séparée du lanceur, poursuivant sa trajectoire jusqu'à atteindre plus de 100 km (la ligne de Karman, qui marque le début de l'espace selon la convention internationale). Les passagers ont alors pu se détacher de leurs sièges, flotter quelques instants en apesanteur, et admirer la courbure de la Terre à travers de très grands hublots. Blue Origin a indiqué que plusieurs vols vers l'espace étaient d’ores et déjà prévus en 2022, avec des places payantes.

    Les Echos du 11 décembre

Défense
  • Défense
    La Finlande choisit le F-35 pour s’équiper en avions de combat
    Après l’Italie, les Pays-Bas, le Danemark, la Pologne et la Belgique, la Finlande est le 6ème pays de l’Union européenne à choisir l’avion américain F-35 au détriment de constructeurs européens (Rafale, Eurofighter et Gripen) pour remplacer une soixantaine d'anciennes versions du F/A-18, livrés à la fin des années 90. Le gouvernement finlandais prévoit de commander 64 F-35 pour un montant de 8,37 Md€. « Le F-35 a répondu aux exigences en matière de préparation, de coopération industrielle et de coût (…) le système global du F-35 était le meilleur pour répondre à nos besoins » assurait le ministre de la Défense Antti Kaikkonen. Ce contrat d'armement est le plus important de l'histoire de la Finlande. Les nouveaux appareils, qui doivent voler jusqu'à l'horizon 2060, devraient être livrés par Lockheed Martin à partir de 2025. Le gouvernement prévoit des coûts de maintenance et de mise à niveau estimés à 10 Md€ supplémentaires jusqu'en 2060, un montant qui pourrait être sous-évalué. « Nous constatons et regrettons une préférence américaine en Europe », a déploré dans un communiqué Dassault Aviation.

    Ensemble de la presse du 10 décembre
  • Défense
    L’Ukraine reproche à l’Allemagne de bloquer la fourniture d’armes à Kiev via l’OTAN
    Le nouveau ministre ukrainien de la défense, Oleksii Reznikov, a reproché à l'Allemagne de bloquer la fourniture d'armes à Kiev par l'intermédiaire de l'OTAN, malgré les avertissements américains concernant une éventuelle invasion imminente des forces russes. Le ministre a déclaré que Berlin avait opposé son veto, en novembre, à l'achat par l'Ukraine de fusils anti-drones et de systèmes anti-sniper via l'Agence de soutien et d'approvisionnement de l'OTAN. « Ils continuent de construire le gazoduc Nord Stream 2 et bloquent en même temps nos armes défensives. C'est très injuste », a déclaré M. Reznikov. Kiev s'efforce de combler les lacunes de ses capacités militaires, mais les alliés craignent que la fourniture d'armes ne soit considérée comme une provocation, voire un prétexte à l'escalade, par le président russe Vladimir Poutine. La position du nouveau gouvernement allemand, dirigé par Olaf Scholz, n'est pas encore claire. Le 10 décembre, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, s’était opposé à toute ingérence de la Russie dans les relations entre l'Alliance et l'Ukraine, refusant d'exclure une éventuelle adhésion de Kiev comme l'exige Moscou, et dénonçant la volonté russe de posséder « une sphère d'influence » au mépris du « droit de chaque nation à choisir son propre destin ».

    Financial Times du 13 décembre et le Figaro du 11 décembre
  • Défense
    Un drone aux capacités d'emport record dévoilé par General Atomics
    General Atomics vient de dévoiler le Mojave, un nouveau drone multi-missions à décollage court capable d'opérer sans piste de décollage préparée. Le Mojave possède une charge utile record pour un appareil STOL (short take of and landing, décollage et atterrissage court), et son autonomie est portée à huit heures lors des missions d'observation. Développé sur la base des caractéristiques du MQ-9 Reaper et du MQ-1C Gray Eagle-ER, le drone Mojave peut emporter jusqu'à 1600 kg de carburant, pour des missions d'attaque au sol ou d'ISR, la flexibilité du système devant permettre une configuration simple et rapide de la machine. Les premiers vols du prototype du Mojave ont eu lieu pendant l'été 2021. Le nouvel appareil n'a pour l'instant reçu aucune commande, mais de potentiels utilisateurs seraient intéressés à l'export.

    Air & Cosmos du 10 décembre

Environnement
  • Environnement
    « New space » : Planet, le photographe de la Terre utilisé pour protéger l’environnement
    Fondée il y a dix ans par d'anciens scientifiques de la NASA, l'entreprise californienne Planet est parvenue à lever 590 M$ lors de son entrée en Bourse le 9 décembre. Elle dispose de 200 satellites, qui collectent chaque jour 300 millions d'images environ. L'entreprise génère plus de 100 M$ de chiffre d’affaires, qui provient à la fois d'Etats et d’entreprises dont des géants de la Tech comme Google, qui l’utilise notamment pour mettre à jour Google Maps. Des entreprises du secteur de la finance et des assurances se servent aussi des données de Planet. « Nous sommes prêts à grandir et à passer de 700 grands comptes à 7 millions dans les prochaines années », », explique l'un des cofondateurs, Robbie Schingler. Ce dernier estime que l'Europe sera clé pour la croissance du groupe, et pourrait connaitre une « croissance exceptionnelle » des startup du spatial. Planet est aussi une organisation d'intérêt public, donnant accès à ses bases de données aux ONG, aux chercheurs et aux journalistes pour une somme modique. Les données récoltées par Planet peuvent, par exemple, aider à suivre l'évolution de la biodiversité, ou encore les émissions de méthane des infrastructures gazières. « Les entreprises pétrolières et gazières devraient être des clients importants pour ce type de données car cela leur permettra de gérer plus efficacement leur chaîne d'approvisionnement », espère Robbie Schingler.

    Les Echos du 10 décembre
  • Environnement
    Le ministre des Transports lance l'Observatoire de l'Aviation Durable
    Le 11 décembre, le ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari a officialisé le lancement de l’Observatoire de l’Aviation Durable, destiné à fédérer toutes les ressources disponibles qui souhaitent contribuer à un développement décarboné du transport aérien. L’objectif de cet Observatoire sera de travailler à la fois sur les effets du transport aérien sur le réchauffement climatique et sur les actions mises en œuvre aux niveaux national, européen et international pour décarboner le secteur, avec le concours d’acteurs et d’observateurs du secteur. En réunissant acteurs et observateurs du transport aérien autour des données scientifiques, en documentant les incertitudes et en analysant les progrès historiques et les perspectives de décarbonation, les discussions et les résultats de ces travaux devront permettre d’objectiver l’impact du transport aérien sur le réchauffement climatique.

    Air & Cosmos du 10 décembre

Aviation Commerciale
  • Aviation Commerciale
    Air Tahiti Nui va bénéficier d’une aide publique pour se remettre à flot
    La compagnie aérienne Air Tahiti Nui va bénéficier d’une « convention d’équilibre » de près de 67,9 M€ de la part de la Polynésie, une aide conditionnée à la mise en place d’un plan de redressement sur cinq ans. Confirmée la semaine dernière, l’aide publique correspond aux pertes enregistrées sur l’exercice 2020, et presque à celles prévues fin 2021 (perte nette de 7,1 Md€), en raison de la pandémie de Covid-19. Parmi les mesures attendues de la part d’Air Tahiti Nui dans le cadre de son plan de redressement 2021-2025 figurent la poursuite de la réduction de la masse salariale, l’amélioration du chiffre d’affaires de la compagnie par la progression des ventes de services annexes (accès salon, choix du siège, repas spéciaux, etc.) et l’optimisation des coûts de distribution par l’amélioration des ventes en ligne. Pour le PDG d’Air Tahiti Nui, Michel Monvoisin, ces nouvelles règles, notamment sur les services annexes ou le catering, reflètent « une guerre des prix assez intense sur les classes économiques ». La compagnie ne s’attend pas à un retour avant 2025 au niveau de profits réalisé avant la crise sanitaire.

    Air Journal du 13 décembre
  • Aviation Commerciale
    L'immigration, un phénomène qui booste le transport aérien
    Bien que largement ignoré dans les statistiques des compagnies aériennes, le phénomène migratoire a fortement influencé l'évolution du trafic aérien en France. Le meilleur indicateur de l'importance nouvelle des flux migratoires dans le trafic aérien est l'évolution des principales destinations internationales aériennes, hors Union européenne, selon les statistiques de l'Aviation civile. En 2019, les Etats-Unis étaient en tête des destinations, avec 8,889 millions de passagers aériens avec la France, suivis de près par le Maroc (6,89 millions), l'Algérie (4,35 millions) et la Tunisie (3,45 millions), puis le Canada, la Chine, les EAU et Israël. Des destinations qui s'appuient sur des communautés d'expatriés importantes, en plus du trafic purement touristique. Pour plusieurs aéroports régionaux, comme celui de Marseille, l'Algérie, le Maroc et la Tunisie se classent respectivement au premier, deuxième et troisième rang des destinations internationales. Pour les compagnies aériennes, cette clientèle dite « affinitaire » ou « VFR » (Visit Friends & Relatives) est précieuse : non seulement il lui faut prendre l'avion relativement souvent, mais elle doit généralement voyager en période de congés, quand les tarifs sont au plus haut, ce qui en fait souvent l'une des clientèles les plus rentables.

    Les Echos du 13 décembre
  • Aviation Commerciale
    Air France a remboursé 500 M€ de son PGE français
    Malgré l'incertitude économique liée à la 5ème vague de Covid-19, Air France-KLM commence à rembourser ses dettes à l'Etat français. Le groupe a annoncé avoir reversé 500 M€ sur les 4 Md€ de prêt garanti par l'Etat, accordé dans le cadre d'un plan de soutien de 7 Md€ à Air France. Le groupe vient aussi de finaliser un report de l'échéance finale de 2023 à 2025. « Ce remboursement partiel et le nouveau profil de remboursement amorti du PGE constituent une nouvelle étape dans la restructuration du profil de la dette et du bilan du groupe », note le groupe. Malgré une amélioration cet été, le groupe accuse déjà une perte nette de 3,2 Md€ sur les neufs premiers mois de 2021, et il va rester très largement déficitaire. Air France va donc devoir se recapitaliser rapidement, après une première opération de renforcement de son capital survenue en avril dernier, à hauteur de 4 Md€. « Des discussions sont en cours sur d'autres mesures de renforcement du bilan du Groupe Air France-KLM. Celles-ci pourraient inclure l'émission d'instruments de fonds propres et de quasi-fonds propres, en fonction des conditions de marché », a précisé Air France.

    La Tribune et Les Echos du 13 décembre